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tonnes
de matières

TRICENTRIS_PAPIER

Édito – août 2018

Frédéric

Qu’on en commun la crise et la période électorale provinciale?

Après que les médias eurent brandi le spectre de la fin de la collecte sélective, où en sommes-nous? Où vont les matières? Sont-elles vendues? Sont-elles entreposées? Perdons-nous encore de l’argent? Les multiples articles sur le sujet ont fait peur à bien du monde. Vous me direz sans doute que je me répète, mais j’utilise cette tribune (seulement six fois par année) pour taper sur le clou de la vérité.

Le monde de la récupération domestique vit une crise financière et non pas une crise de qualité comme tant ont voulu le prétendre. Bien sûr, au moment où la Chine a pratiquement cessé ses importations de papier récupéré, les autres acheteurs se sont retrouvés avec l’embarras du choix et ont évidemment opté pour les plus beaux ballots, les moins contaminés. Aujourd’hui, le marché retrouve, certes très lentement, son équilibre. Et j’irais même jusqu’à dire que les ballots avec moins de contaminants sont plus difficiles à vendre. Nos ballots sont vendus en Corée du Sud, en Indonésie et en Inde, faute de preneurs locaux et ce, même s’ils contiennent moins de 1 % de contaminants. Les acheteurs étrangers préfèrent payer 20 $ la tonne métrique pour des ballots ayant 10 % de contaminants plutôt qu’une centaine de dollars pour des ballots à 0,5 % d’indésirables.

Beaucoup ont mentionné l’économie circulaire comme solution pour se sortir de la crise. C’est pourtant ce que nous faisons depuis 20 ans. Nous vendions notre matière en Chine parce que les gens achètent ce qui est fait en Chine. Ce n’est qu’une question de grandeur de cercle. Maintenant, si nous voulons réduire ce cercle à l’échelle québécoise, ça signifie qu’il faut se battre contre le marché mondial actuel. Et pour battre le marché, il faudra injecter des sous. Si on veut que des recycleurs comme Cascades et Kruger prennent autre chose que du papier blanc et du carton, il faudra mettre de l’argent. Si on veut que les plastiques, toutes catégories confondues, restent chez nous, il faudra de l’aide. Il faudra aussi des lois qui dicteront des pourcentages de contenu recyclé minimum. À l’ère d’une nouvelle campagne électorale, n’est-ce pas le meilleur moment pour le demander?

Alors, je fais appel au consommateur et à l’électeur en chacun de nous. Si la récente crise vous a tant inquiété, vous avez deux gestes à poser. Le premier, achetez vos biens fabriqués de l’endroit où vous souhaitez que vos matières soient vendues. Deuxièmement, profitez de la campagne électorale pour encourager ceux qui proposent des actions concrètes pour que le cercle de l’économie circulaire soit réduit à l’intérieur du Québec. Malheureusement, vous et moi savons que peu de gens feront les deux. Et c’est pour ça que ça ne changera jamais…

Frédéric Potvin,
Directeur général