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Qu’en est-il de la crise?

À la une du Tricentris Express de décembre dernier, nous avions rectifié les faits sur la situation qui touche les centres de tri, engendrée par le renforcement des critères de qualité exigés par le gouvernement chinois. Nous voulions, en quelque sorte, contrer la vaste couverture médiatique qui dépeignait le sort des centres de tri en les mettant tous dans le même panier : celui des centres de tri incapables de trouver preneur pour leurs matières. Nous revenons sur le sujet aujourd’hui car il demeure d’actualité et il est important que tous nos membres aient l’heure juste sur la santé de Tricentris.

Pour dire les choses simplement, nous tenons avant tout à vous rassurer car, bien que cette situation touche le monde, votre centre de tri s’en sort bien. Certes, les marchés chinois ont été restreint, mais la qualité des ballots de fibres produits dans nos établissements nous a toujours permis de nous démarquer et de trouver preneur et ce, encore aujourd’hui. Comme la Chine importait il y a peu 90 % des fibres disponibles sur le marché mondial, nous nous sommes tournés vers les quelques acheteurs restants soit le Vietnam, l’Inde, et maintenant, l’Indonésie qui, eux, se sont retrouvés avec l’embarras du choix. Il ne faut pas oublier que c’est l’ensemble du marché mondial qui s’est tourné, d’un seul coup, vers ces nouveaux acheteurs et que, par conséquent, ils ont le luxe de choisir la meilleure qualité disponible. Et nous sommes de ceux-là! Depuis ses débuts, Tricentris a toujours misé sur la qualité produite par ses centres de tri et a toujours été à l’affût de technologies et de procédés pouvant perfectionner sa production. La situation actuelle démontre bien que cette ligne de conduite est payante et Tricentris compte bien continuer dans cette direction.

Lors d’un reportage diffusé à Radio-Canada le 24 janvier dernier, la lumière a enfin été ajustée. Ce ne sont effectivement pas les 27 centres de tri du Québec qui n’arrivent pas à écouler leurs matières mais seulement certains d’entre eux.

Cette information est malheureusement arrivée tardivement dans le dossier et le doute quant à l’efficacité même de notre industrie avait déjà été semé dans l’esprit de bien des gens. Des questionnements sur l’enfouissement de matières recyclables, l’absence de débouchés locaux, la performance des centres de tri ou encore, la possible suspension de la collecte sélective ont fait surface. Il n’en fallait pas plus pour ébranler les citoyens et transformer cette crise du National Sword en véritable crise de confiance, laissant l’impression de reculer de 15 ans sur tout le travail fait en sensibilisation. Tout comme nous, vous avez dû en entendre de toutes les couleurs.

Ce fut l’occasion pour certains d’affirmer, aussi étonnant que celui puisse paraître en 2018, que la récupération est un mythe et qu’il n’est pas nécessaire de faire son tri à la maison car, selon eux, tout aboutit au dépotoir, peu importe la couleur du bac. Pourtant, saviez-vous que depuis le début de ses opérations, Tricentris a traité et récupéré plus de 2 millions de tonnes de matières recyclables, les détournant ainsi du site d’enfouissement? Et que nos trois usines continuent d’ajouter à ce nombre jour après jour?

Qu’on se le tienne pour dit, les matières recyclables de vos citoyens ne sont pas enfouies ; elles ont une valeur et elles sont achetées par des recycleurs pour être transformées en différents produits. Chez Tricentris, ce sont 250 personnes qui travaillent tous les jours à trier le fruit de la collecte sélective afin de justement s’assurer de donner une deuxième vie à ces matières. L’environnement est au cœur de notre ADN et de nos opérations. Ce n’est tout simplement pas dans nos gènes d’enfouir. Pour nous, ça ne se fait pas, point final. Tellement que si une matière n’est pas en demande sur le marché, nous préférons payer pour l’entreposer en attendant. Et par souci de confiance et de transparence, si on était dans l’obligation d’enfouir, on vous le dirait!

D’autres ont décrié le fait que des matières d’ici soient envoyées en Asie, étonnés, voire choqués, que les centres de tri ne se tournent pas vers des recycleurs locaux. Mais, dans le marché actuel, ce n’est ni un choix, ni une option : c’est une obligation. Comme il n’y a pratiquement plus de papier journal en circulation, les ballots de fibres mixtes qui en découlent ne trouvent preneur qu’en Asie. Et n’oublions pas la phrase célèbre de Laure Waridel : « Acheter, c’est voter ». Avec tout ce qu’on achète qui provient des pays d’Asie, il est normal que notre matière y soit en grande demande pour, entre autres, la fabrication de nouveaux emballages. Les fibres issues de nos bacs de récupération sont donc recyclées en matière première par une autre industrie et ça, c’est de l’économie circulaire à l’échelle mondiale! De plus, les ballots de fibres sont envoyés en Asie dans des paquebots ayant transporté les innombrables importations qui remplissent les tablettes de nos magasins et qui doivent, de toute façon, retourner à bon port.

Évidemment, Tricentris préfère et opte pour des recycleurs locaux dès que c’est possible. C’est le cas de toutes les autres matières comme le papier de bureau, le carton, le métal, le PET et le HDPE qui sont tous vendus au Québec. Les autres plastiques sont envoyés en Ontario et aux États-Unis et le verre est transformé dans notre propre usine de micronisation.

En somme, votre organisme demeure solide et s’adapte aux aléas de la situation, tout en continuant d’innover. Il est important pour Tricentris que tous ses membres et les 1,9 millions de citoyens desservis soient en confiance et cette confiance ne peut se développer que par une bonne information. Nous encourageons d’ailleurs nos municipalités à continuer l’excellent travail de communication qui est fait auprès de leurs citoyens afin qu’ils sachent, sans l’ombre d’un doute, que leur participation à la collecte sélective a un impact positif et essentiel. N’hésitez pas à communiquer avec nous, à consulter notre site internet ou à nous suivre sur les médias sociaux pour avoir en tout temps l’information la plus à jour sur votre centre de tri.

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Les centres de tri menacés par la Chine?

Rectifions les faits!

Peut-être avez-vous lu ou entendu récemment que les centres de tri produisent des matières recyclables de piètre qualité et qu’ils doivent entreposer des ballots, voire enfouir les matières recyclables par faute de débouchés sur le marché? Que la collecte sélective elle-même serait menacée? Ce sont effectivement les propos tenus dans certains médias québécois suite à l’annonce du gouvernement chinois sur la mise en œuvre prochaine d’une nouvelle barrière verte : le National Sword. Mais la nouvelle, bien que fort intéressante, fut traitée de manière sensationnaliste plutôt que journalistique. Et Tricentris, comme plusieurs autres centres de tri québécois, se sent lésé par cette couverture médiatique. Voici donc notre version de l’histoire…

L’exportation des matières recyclables en Chine

La Chine représente le plus important importateur de matières recyclables au monde. En 2016, 27 millions de tonnes de fibres (papier et carton) y ont été acheminées. À l’échelle du Québec, cela représente 62 % des fibres produites en 2015, soit près de 300 000 tonnes.

Il faut toutefois cesser d’évoquer la mauvaise qualité des matières recyclables pour expliquer les ventes en Chine. Les ballots de fibres sont classés en différents grades en fonction de leur composition. Les grades de plus haute valeur sont ceux contenant la plus grande proportion de papier journal. Or, en 2017, il reste à peine 30 % de papier journal dans les matières recueillies par la collecte sélective. La disparition des journaux imprimés se reflète dans le contenu du bac de recyclage et par conséquent, dans la valeur des ballots de fibres mis sur le marché. Parallèlement à cela, le papier mixte contient maintenant de plus grandes quantités de carton de petit format et de cartonnette générés par la multiplication des achats en ligne. Si on retire le papier journal du papier mixte, on produit alors un grade de type Hard pack, de moindre valeur et qui trouve encore plus difficilement preneur sur le marché.

Désormais, tous les centres de tri se retrouvent face au même dilemme : mélanger toutes les fibres pour produire un papier mixte de qualité ou extraire le papier journal pour produire deux grades – News et Hard Pack. La situation des centres de tri ne se limite donc pas à une question de qualité ou de choix de production : les habitudes de consommation changent et la composition des matières recyclables évolue en conséquence.

Le National Sword

La Chine a donc récemment annoncé son National Sword 2017 Program : un nouveau programme de protection environnementale très strict s’appliquant à l’importation de matières recyclables. Le pays a ainsi voulu signifier qu’il cesserait d’accepter les déchets des pays industrialisés.

Concrètement et selon les informations les plus récentes, la norme émise par les Chinois exigerait une limite maximale de 0,5 % de contaminants dans les ballots de matières recyclables. Selon les gestionnaires de centres de tri, ce taux de contamination infime est pratiquement impossible à mesurer.

Suivant cette annonce, une crise mondiale s’est emparée des marchés du recyclage : les voyages de matières recyclables ont été immobilisés dans les ports et les licences d’importation des moulins à papier chinois, non renouvelées. Le Canada, les États-Unis, l’Europe, le Royaume-Uni, etc., tous ont été pris de court et plusieurs centres de tri ont éprouvé des difficultés : les ballots se sont accumulés, les problèmes d’entreposage ont surgi, les ventes se sont raréfiées et elles se sont conclues à des prix toujours plus bas.

Toutefois, Tricentris et d’autres centres de tri québécois réalisent actuellement un véritable tour de force en parvenant à vendre toutes leurs matières recyclables, tantôt localement, tantôt ailleurs en Asie. C’est encore plus impressionnant lorsqu’on sait que la Chine achetait jusqu’ici 90 % de toutes les fibres exportées mondialement. Avec la fermeture de ce marché, 100 % de l’offre mondiale doit maintenant passer par les marchés alternatifs qui ne représentent, eux, qu’une capacité de 10 % de l’offre mondiale. Il s’agit d’un goulot d’étranglement démesuré et c’est la qualité qui tranche. C’est donc dire que les ballots des centres de tri qui sont vendus aujourd’hui sont plus beaux que 90 % des ballots produits ailleurs dans le monde.

Lors de son passage à notre usine de Lachute pour une inspection de qualité, monsieur Sam Lau, inspecteur pour la compagnie America Chung Nam, nous a confié que plusieurs rumeurs circulaient à propos du seuil de contamination qui sera finalement exigé par la Chine. Les chiffres avancés vont de 0,3 % à 1 %. Quoi qu’il en soit, il convient que ce sera très peu. America Chung Nam a stoppé l’exportation de matières recyclables en Chine pour l’instant mais en envoie encore dans d’autres pays d’Asie comme le Vietnam et l’Inde. « Tant que les précisions ne seront pas officialisées, aucun matériel ne sera envoyé en Chine, dont le message est clair : désormais, le pays n’acceptera que des matières propres. La demande a changé. Parce qu’ils ont les moyens, les Chinois ne veulent plus de matières contaminées et les autres pays d’Asie vont éventuellement suivre la même tendance. »

La décision du gouvernement chinois était donc inévitable et sera, selon toute vraisemblance, irréversible. Peut-être les normes seront-elles assouplies mais un retour en arrière n’est pas envisageable. Et en fait, nous devrions nous réjouir de cette décision audacieuse qui met en place des mesures concrètes pour améliorer la qualité de l’environnement en Chine. Après tout, tous les organismes gouvernementaux, publics et privés impliqués dans la production et la gestion des matières recyclables ne travaillent-ils pas tous en ce sens?

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Alors, plutôt que de cultiver la peur et d’ébranler la confiance des citoyens et des municipalités, c’eût été une belle occasion de mettre en évidence l’excellent travail effectué dans les centres de tri du Québec, les innovations technologiques et le travail extraordinaire des employés qui permettent d’atteindre ces résultats hors pair! Les citoyens et les municipalités peuvent dormir tranquille : la collecte sélective n’est pas près d’être abolie, ni les centres de tri, de disparaître.

Publié le 19 décembre 2017

 

Sources:

L’annonce chinoise qui fait trembler la planète déchets, Courrier Picard, 29 juillet 2017
What you need to know about China’s scrap import policies,
Waste Dive, 25 octobre 2017
Le recyclage au bord de la crise, Le Devoir, 30 octobre 2017
Les centres de tri du Québec menacés par une nouvelle règle chinoise,
Radio-Canada, 30 octobre 2017
L’industrie du recyclage dépendante des exportations | Les consommateurs risquent fort de payer pour l’absence d’infrastructures adéquates au Québec, Le Devoir, 31 octobre 2017 China quality limits prompt search for solutions, Let’s recycle, 7 novembre 2017
China proposes new 0.5% contamination standard with March 2018 enforcement,
Waste Dive, 16 novembre 2017
Disruptor of the Year: China’s Import Policies,
Waste Dive, 4 décembre 2017

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La crise en quelques points

Depuis l’automne dernier, impossible de ne pas avoir entendu parler dans les médias de cette crise dans le milieu de la récupération, en lien avec la fermeture des marchés chinois. Nous avons nous-même abordé le sujet dans plusieurs numéros du T.E. Mais comme les interrogations sont encore nombreuses, pourquoi ne pas décortiquer ensemble, point par point, les questionnements et les affirmations les plus souvent entendus à ce sujet?

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Publié le 19 juin 2018