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Partagez Édito – avril 2021

FPotvin

Il est temps qu’on en parle…

Le sujet est tabou mais il y a longtemps que le gouvernement québécois aurait dû faire une étude là-dessus. Je parle ici de la performance des centres de tri en fonction de leur modèle d’affaire.

Pourquoi en parler? Parce que la modernisation de la collecte sélective approche vite… Trop vite. Dans un monde « normal », non politisé, un problème stimule un projet. Et dans tout projet qui se respecte, il y a des objectifs. Alors, quel est le vrai problème de la collecte sélective au Québec? Si la modernisation vient réellement y remédier, quels sont ses objectifs? Oui, oui… je sais. Améliorer la collecte sélective. Mais comment?

À ce stade, il semble que la privatisation du système soit l’idée retenue par notre gouvernement. Fini les Régies et les conseils d’administration d’élus. On s’apprête à créer un nouveau modèle capitaliste : une sorte de nationalisation privée. Mais est-ce vraiment la solution?

Donc avant qu’il ne soit trop tard, RECYC-QUÉBEC pourrait éclairer son ministère à l’aide d’une étude sur la relation entre les ventes de matières recyclables au Québec et le statut de l’entreprise (OBNL, municipale ou privée). L’étude pourrait également dévoiler quel modèle a le mieux traversé la dernière crise et comparer la qualité moyenne produite en centre de tri privé et non privé. Mais ne rêvez pas… Vous ne verrez pas ces études. C’est tabou.

D’un autre côté, j’aimerais qu’on me parle un peu plus d’environnement et un peu moins d’économie. J’aimerais entendre parler de gaz à effet de serre, d’électrification des transports de ballots aux moulins locaux, ou encore, du bilan carbone de la prochaine consigne!  Mais l’économie domine ce projet de modernisation. On n’entend parler que de vente de matière, système, responsabilité élargie des producteurs (REP), gestion, etc. Ce n’est pas nécessairement incompatible, mais ça ne devrait pas être omniprésent. Ni aussi centré sur une certaine vision économique. Parce que si l’économie globale était si importante dans ce dossier, on ne s’inspirerait pas des systèmes de REP en place en Belgique, en Colombie-Britannique ou en France. Des systèmes qui, en plus de fonctionner avec des quantités bien en deçà de celles recueillies par habitant au Québec, ont des coûts à la tonne bien plus élevés que le coût actuel au Québec.

Pour terminer, je vous invite à lire l’article « Faire du « cash », pas du capitalisme social » de Francis Vaille dans La Presse du samedi 3 avril 2021 portant sur un PGD aux pratiques ESG (Environnement, Social et Gouvernance) exemplaires qui s’est vu remercier par ses actionnaires.

Je le cite : « Illusoire de croire que les entreprises inscrites en Bourse allaient embrasser les fameux objectifs ESG […] et s’en faire les porte-étendards. Illusoire de croire au capitalisme social. Le rôle de ces organisations n’est pas de préserver l’environnement ou de favoriser la diversité, mais de faire des profits, d’être rentables, de battre la concurrence, de survivre. Tout le reste sera toujours secondaire. C’est cru, mais c’est ainsi. »

Voilà, c’est dit…

Frédéric Potvin,
Directeur général

Article tiré du Tricentris Express d’avril 2021. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet.