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Partagez Édito – septembre 2020

fred

C’est l’histoire d’un singe, comprends-tu…

Ce singe a des besoins, des comportements, des moyens de communication, des habitudes alimentaires, bref, une réalité qui lui est propre. Vouloir un singe à tout prix, c’est une chose. Savoir s’en occuper en est une autre.

Parce qu’avoir un singe, ça vient avec des responsabilités, de grandes responsabilités. Est-ce que j’ai le temps, les ressources ou même les connaissances pour bien m’en occuper?

Ce singe, vous comprendrez, c’est la collecte sélective dans son ensemble. Avec sa variabilité des marchés. Avec ses énormes volumes à bouger. Avec une désinformation constante quant à la qualité produite dans les centres de tri. Avec un intrant contenant 20 % de rejets. Avec une crise de la main-d’œuvre. Avec une croissance fulgurante des technologies de tri. Avec le paradoxe d’une industrie de volume qui doit admettre que ses quantités doivent diminuer pour que l’environnement se porte mieux et j’en passe!

Alors, dites-moi… ce singe, en voulez-vous sur votre épaule?

Voilà ce qui se passe en ce moment. Le gouvernement voit que les probabilités que ce singe lui cause des maux de tête sont assez fortes. Autant s’en débarrasser! Du côté de certaines villes d’influence, on blâme le singe pour des manchettes peu flatteuses. Donnons-le alors à quelqu’un d’autre!

Jusque-là, je comprends. À leur place, j’aurais aussi sans doute peur que ce singe me morde l’oreille. Vient alors le projet de modernisation de la collecte sélective qui appelle à placer prochainement cette dernière sous la tutelle d’un organisme qui sera mandaté par le gouvernement. Deux points provoquent ici mon étonnement…

Premièrement, le singe risque d’être confié à quelqu’un qui ne s’y connaît pas. Certes, des gens peuvent payer pour le singe, mais cela n’en fait pas des experts. Et deuxièmement, encore plus étonnant, c’est que quelqu’un dise vouloir de ce singe. Parce que pour réussir ce projet, ça prend des connaissances en primatologie et du temps pour apprivoiser son nouveau compagnon d’épaule. Mais avant tout, ça prend du courage et de l’audace pour vouloir affronter un tel défi. Je dis ça avec un bagage de plus de 20 ans à côtoyer quotidiennement le singe et croyez-moi, je ne voudrais pas être seul à m’en occuper!

Je doute fort que le singe se porte mieux en le changeant simplement d’épaule et c’est malheureusement ce que propose le projet de modernisation de la collecte sélective. Pourquoi ne pas concentrer tous ces efforts afin d’offrir plutôt au singe un environnement propice à son développement local et durable et voir son évolution à partir de là?

Frédéric Potvin,
Directeur général

Article tiré du Tricentris Express de septembre 2020. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet.