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Recyclage des pellicules agricoles ; une réalité loin de la perception

Il y a quelques mois, nous annoncions que Tricentris entreprenait une étude de faisabilité visant la récupération des pellicules agricoles sur notre territoire. Nous répondions ainsi à nos administrateurs, eux-mêmes questionnés par leurs citoyens agriculteurs, demandant si Tricentris pouvait devenir une solution pour une meilleure gestion de ces matières.

Nous avons donc fait notre devoir et mandaté Cycle Environnement pour dresser un portrait de la situation : apprendre ce que les agriculteurs font de ces pellicules et ce qu’ils voudraient en faire, mais aussi, déterminer la quantité de matière en jeu dans le but de développer un scénario de collecte adéquat.

Pour ce faire, l’équipe de Cycle Environnement a concentré ses recherches sur les territoires des MRC Papineau et Mirabel. Tous les producteurs laitiers et bovins de ces deux MRC furent contactés : au total, 172 agriculteurs. Et contrairement aux quelques milliers de tonnes de plastique d’ensilage auxquels nous nous attendions, il appert que les quantités générées annuellement ne représentent qu’un maigre 43,5 tonnes pour ces 172 producteurs agricoles. Des résultats pour le moins surprenants qui ne pourraient pas être plus loin de ce que nous imaginions.

De plus, à l’aide du questionnaire développé par Cycle Environnement, nous avons identifié les méthodes de gestion actuelles du plastique et sondé la motivation des agriculteurs à participer à un éventuel projet de récupération. Malheureusement, 20% d’entre eux brûlent ces plastiques. Par contre, la moitié des agriculteurs rencontrés seraient prêts à faire quelques tâches pour permettre de les récupérer. Mais ici, le temps supplémentaire à investir, les changements d’habitudes à implanter ainsi que les coûts potentiels associés au projet viennent refroidir la motivation des participants.

Cela étant dit, il ne faut pas minimiser le problème. Il faut effectivement faire quelque chose pour ces plastiques. L’étude a fait ressortir le peu de tonnage mais aussi les efforts financiers, techniques, de transport et de main d’œuvre à déployer pour la mise en place d’une collecte de pellicules agricoles sur l’ensemble de notre territoire. Mais l’étude a également pointé vers une solution possible: la responsabilité élargie des producteurs (REP). Cette approche de gestion des matières résiduelles vise à transférer la responsabilité de la gestion de divers produits mis au rebut aux entreprises qui sont à l’origine de leur mise en marché[1]. Comme c’est déjà le cas pour les pneus et les ordinateurs, par exemple. Dans le cadre de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, le gouvernement du Québec dresse ainsi une liste des produits désignés comme prioritaires dans le choix des nouveaux produits à être couverts par la REP.

Et selon le rapport synthèse publié en août 2015 par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), les plastiques agricoles s’inscrivent déjà dans les produits de priorité 1 à placer sous la REP. La solution passe peut-être par là?

Consultez ici l’intégralité de cette étude.

[1] Liste des produits prioritaires à designer sous la responsabilité élargie des producteurs. Rapport synthèse. MDDELCC, août 2015, p.1.

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Bannir les sacs de plastique : une option gagnante pour tous

Êtes-vous pour ou contre le bannissement des sacs de plastique minces? Chez Tricentris, nous pensons qu’il s’agit d’une excellente idée! Initialement, les sacs minces étaient ciblés par le bannissement à cause de leur volatilité et leur éparpillement dans l’environnement. Plusieurs autres raisons motivent ce geste pour un gestionnaire de centres de tri!

Les sacs de plastique représentent un grand défi lors des opérations de tri car ils se coincent dans les équipements. Cela nécessite des arrêts de production et l’enlèvement des sacs enroulés à différents endroits dans la chaîne de tri. Plus important encore, les sacs de plastique enchevêtrés entre les papiers et les cartons sont difficiles à extraire et leur présence dans les fibres en affecte la qualité. Ils constituent donc une source de contamination. Étant donné la conjoncture actuelle où la qualité des fibres doit être exemplaire pour qu’elles puissent être écoulées sur les marchés, Tricentris ne peut que se réjouir du mouvement de bannissement des sacs de plastique.

Autre aspect de taille, les recycleurs de sacs de plastique déposés dans les bacs de récupération ne courent pas les rues. Pour Tricentris, cela signifie qu’il faut parfois entreposer les ballots de sacs plusieurs mois avant de trouver preneur. Actuellement, nous avons plus de 500 ballots de sacs de plastique sont entreposés.

Les sacs de plastique en chiffres chez Tricentris

    • 27 890 sacs triés à l’heure dans nos trois centres de tri
    • 76 937 000 sacs triés par année
    • 995 $/t en coûts pour trier les sacs de plastique
    • 0 $/t de revenus sur le marché du recyclage
    • 68,16 $/t/an pour entreposer les ballots en attente d’être recyclés

 

L’étude sur le cycle de vie de différents sacs d’emplette, diffusée par RECYC-QUÉBEC en décembre dernier, en a surpris plusieurs. Les sacs de plastique ont obtenu la meilleure cote comparativement aux autres sacs étudiés. Ils arrivent au premier rang lorsqu’on considère le cycle de vie global, de la production jusqu’à l’élimination du sac. Par contre, le rapport confirme que les sacs visés par le bannissement présentent le pire score en ce qui concerne l’abandon dans l’environnement. Leur dégradation très lente, à la source de la persistance du plastique (polyéthylène) dans l’environnement, risque de nuire aux territoires sensibles à cette problématique.

Tricentris salue l’initiative de la ville de Montréal, qui ne fait pas marche arrière malgré les résultats de cette étude. Le bannissement est maintenu et les commerces ont jusqu’au 5 juin 2018 pour mettre en application le règlement. Par la suite, les contrevenants pourraient se voir imposer des amendes allant jusqu’à 2000 $ pour la première fois, et 4000 $ advenant une récidive.

À Brossard, où le bannissement est en vigueur depuis septembre 2016, la ville dresse un bilan positif de la mesure à laquelle 96% des commerçants se sont conformés jusqu’à présent.

Tricentris estime donc que le bannissement des sacs de plastique s’impose. Il s’agit d’un choix gagnant pour tous! Les villes pionnières en ont démontré la faisabilité et d’autres s’apprêtent à emboîter le pas. Nous les félicitons!

Pour consulter : les faits saillants RECYC et le rapport final CIRAIG

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Les plastiques biodégradables : dans le bac ou non?

De plus en plus de contenants et d’emballages de plastiques dits « biodégradables » se retrouvent sur les tablettes et plusieurs se demandent quoi en faire après leur utilisation. Peut-on les mettre dans le bac de récupération? La question se pose car après tout, à première vue, ce sont des contenants de plastique. Mais malheureusement, au risque d’en surprendre plus d’un, la réponse est non. Car « biodégradable » n’est pas synonyme de « recyclable ».

Il peut sembler contradictoire de dire que ces contenants n’ont pas leur place dans le bac de récupération alors qu’ils sont souvent identifiés du ruban de Möbius et du #7. Surtout lorsque la charte des matières recyclables stipule bel et bien que les plastiques #7 vont au bac. Toutefois, contrairement aux plastiques #1 à #6 qui représentent tous un type précis de plastique (ex: #1 pour le polyéthylène téréphtalate, #2 pour le polyéthylène haute densité, et ainsi de suite), le #7 forme la catégorie « autres plastiques ». Elle regroupe donc un large éventail de plastiques différents et d’items multimatières et entraîne inévitablement son lot de nuances et d’exceptions. Il faut donc pousser un peu plus loin la réflexion avant de choisir le bon bac.

Il faut en premier lieu se pencher sur la nature même des contenants dits « biodégradables », leur composition, afin de comprendre pourquoi on ne peut les traiter au même titre que les autres plastiques. Il y a tout d’abord les contenants biosourcés, c’est-à-dire faits à base de matière végétale comme l’amidon de maïs. Ceux-ci sont en fait compostables. S’ils se retrouvent parmi les contenants de plastique, il sera impossible, lors du processus de recyclage, d’obtenir un résultat homogène puisque cette matière n’entrera jamais en réaction chimique avec les polymères, détériorant ainsi la qualité de la résine produite. Par contre, les contenants biosourcés sont les bienvenus dans le bac brun où ils pourront être compostés comme il se doit.

Puis, il y a les plastiques dits « dégradables » ou « oxobiodégradables » qui se fragmentent en particules de petites tailles. Dans ce cas, des additifs oxydants sont ajoutés à la résine lors de la fabrication du plastique pour en fragiliser la structure moléculaire. Le plastique ne se désagrège donc pas réellement. C’est le même plastique, en petits morceaux, qui va se décomposer au même rythme qu’un polymère normal. Encore là, l’intégration de tels plastiques dans la fabrication de résine de plastique recyclé n’est pas souhaitable car elle sera affaiblie par les propriétés oxobiodégradables du produit d’origine. Concrètement, cela signifie qu’un banc de parc en polyéthylène recyclé pourrait casser s’il y a présence de plastique oxobiodégradable dans la résine.

En somme, l’objectif n’est pas de faire le procès des matériaux dits « biodégradables », mais plutôt de faire la lumière sur le fait qu’ils ne vont pas dans le bac de récupération. Ils ne sont tout simplement pas faits pour être recyclés.