check icon

Tonnage traité depuis notre ouverture

4845697

tonnes
de matières

mascouche

Bannir les sacs de plastique : pari réussi à Mascouche

Tout comme la Ville de Montréal qui, dès le début de l’année interdisait l’utilisation de sacs de plastique à usage unique, la Ville de Mascouche a joint le mouvement. Dès le 22 avril suivant, Jour de la Terre, le conseil municipal a donc entériné un règlement relatif à la distribution des sacs d’emplettes sur son territoire.

Contrairement à la métropole, où les sacs de plastique d’une épaisseur de 50 microns et moins ont été bannis, la nouvelle réglementation de Mascouche interdit tout ce qui est sous les 101 microns. « Nous avons décidé d’y aller un peu plus férocement en abolissant les sacs de 100 microns et moins. Cette décision avait plus de sens pour les citoyens qui, sinon, craignaient que ce changement ne serve à rien puisque les commerçants pourraient facilement décider d’offrir des sacs un peu plus épais, à 51 ou 52 microns » explique madame Catherine Grenier, technicienne en environnement à la Ville de Mascouche.

Pour vous donner une idée, un sac d’épicerie à 0.05 $ comme on les connaît a une épaisseur d’environ 25 microns. Pour un sac de plus de 100 microns, pensez aux gros sacs résistants en plastique épais comme on peut retrouver chez Sports Experts, et doublez-le!

Pour assurer une transition réussie, tous les commerçants ont été informés par écrit de la mise en place prochaine de ce nouveau règlement et invités à participer à l’une des séances d’information organisées par la Ville. Mais surtout, la Ville a octroyé aux commerçants une période d’adaptation d’un an. Ce n’est donc qu’à partir d’avril 2019 que des amendes pourraient être émises en cas de non-conformité. Durant l’été, une ressource supplémentaire fut également engagée à temps plein au sein de la Brigade verte pour rencontrer les commerçants et les accompagner dans ce changement. Ce nouveau brigadier a pu, entre autres, proposer des solutions alternatives en fonction des besoins du commerce et même offrir des suggestions de fournisseurs. Puis, inspirés par la campagne de communication de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), des outils de communication tels que des affiches, des autocollants et des macarons étaient disponibles pour permettre aux commerçants de bien aviser leurs clients. Madame Grenier ajoute que « c’était vraiment important de soutenir les commerçants et de collaborer avec eux pour s’assurer qu’ils ne se sentent pas abandonnés dans ce processus».

Alors qu’il reste encore quelques mois à la période transitoire, 292 des 397 commerces de Mascouche sont déjà conformes à la nouvelle réglementation. De ces derniers, 191 ont décidé de ne plus offrir de sacs du tout, alors que les autres ont opté pour des sacs réutilisables ou en papier.

« Les citoyens ont grandement applaudi cette initiative et les commerçants l’ont accueilli de façon très favorable. La période de grâce entre la présentation du règlement et son imposition a été la clé du succès pour nous et je recommanderais fortement cette méthode à ceux qui souhaitent se lancer dans un projet semblable. La force du nombre compte pour beaucoup; plus il y a de villes qui embarqueront dans le mouvement, plus il sera facile de faire adhérer la population et les commerçants à cette nouvelle réalité soit d’un monde sans sac de plastique!» conclut madame Grenier.

Lorsqu’on sait que, chez Tricentris, nous recevons près de 75 000 sacs de plastique par heure, nous ne pouvons que saluer cette initiative. Bravo!

Publié le 18 décembre 2018

sacs-plastique

Une solution locale pour les sacs de plastique

Chez Tricentris, nous mettons en ballots 2 500 tonnes de sacs de plastique annuellement. Comme il s’agit de l’une des deux seules matières que nous vendions en Chine, l’autre étant les fibres, elle fut aussi inévitablement touchée par les nouvelles restrictions d’importation des marchés chinois. Contrairement aux fibres, dont les ventes ont été redirigées vers d’autres recycleurs d’Asie, les sacs de plastique se sont accumulés dans nos centres de tri au point que nous avons dû recourir à l’entreposage dans l’attente d’une meilleure alternative. Tel que mentionné dans le Tricentris Express de février dernier, nous avions déjà 500 ballots de sacs de plastique entreposés en début d’année. Aujourd’hui, malgré les quelques voyages par mois trouvant preneur, ce nombre a doublé.

Notre patience sera toutefois bientôt récompensée. Non seulement une nouvelle usine de recyclage pour les sacs de plastique verra le jour, mais elle sera située pratiquement dans notre cour arrière! Modix Plastique Inc., une entreprise d’origine chinoise, s’installera à deux kilomètres de notre centre de tri de Lachute. Les équipements devraient arriver dès octobre et le début des opérations est prévu pour novembre prochain. L’équipe de Modix Plastique Inc. souhaite traiter entre 7 000 et 10 000 tonnes de sacs de plastique par année. Ces derniers, toutes couleurs mélangées, seront déchiquetés, lavés et transformés en petites pastilles de plastique rigides.

Rencontrée lors de sa récente visite à notre centre de tri, madame Lucie Li, directrice exécutive chez Modix Plastique Inc., nous explique ce qui a motivé ce projet d’usine: « Au cours des 25 dernières années, la Chine a importé 500 millions de tonnes de sacs de plastique. Le gouvernement a mis un terme à tout ça et plusieurs usines de transformation ont dû fermer en raison des restrictions. Nous avons donc vu l’opportunité, en s’installant au Canada, de venir combler le manque dans la chaîne d’approvisionnement, autrement brisée. » lucieli

En effet car, bien que produites ici, les pastilles de plastique recyclé prendront ensuite majoritairement la direction de la Chine. Elles serviront dans la fabrication de pièces de plastique pour des voitures, des ordinateurs, des électroménagers, du mobilier, des jouets et plus encore. Parce que bien que les autorités chinoises aient décidé d’arrêter l’importation de ce qu’elles considèrent être les « poubelles » des autres pays, la Chine demeure l’un des plus grands producteurs et exportateurs de biens de tous genres à travers le monde. Le besoin de matière première n’a pas changé, mais la forme sous laquelle elle peut entrer au pays fait toute la différence. La transformation des sacs de plastique produira une matière première prête à être utilisée dans divers procédés industriels qui, du fait de cette valorisation, se voit ouvrir la porte de l’exportation.

Il s’agit donc là d’une solution locale qui permettra de donner une deuxième vie à ces sacs qui, après une utilisation moyenne de 20 minutes, n’en mettent pas moins de 400 ans à se désagréger. Soyez donc assurés que nous suivrons de près l’évolution de ce projet!

Publié le 5 septembre 2018

biodegradable

Les plastiques biodégradables : dans le bac ou non?

De plus en plus de contenants et d’emballages de plastiques dits « biodégradables » se retrouvent sur les tablettes et plusieurs se demandent quoi en faire après leur utilisation. Peut-on les mettre dans le bac de récupération? La question se pose car après tout, à première vue, ce sont des contenants de plastique. Mais malheureusement, au risque d’en surprendre plus d’un, la réponse est non. Car « biodégradable » n’est pas synonyme de « recyclable ».

Il peut sembler contradictoire de dire que ces contenants n’ont pas leur place dans le bac de récupération alors qu’ils sont souvent identifiés du ruban de Möbius et du #7. Surtout lorsque la charte des matières recyclables stipule bel et bien que les plastiques #7 vont au bac. Toutefois, contrairement aux plastiques #1 à #6 qui représentent tous un type précis de plastique (ex: #1 pour le polyéthylène téréphtalate, #2 pour le polyéthylène haute densité, et ainsi de suite), le #7 forme la catégorie « autres plastiques ». Elle regroupe donc un large éventail de plastiques différents et d’items multimatières et entraîne inévitablement son lot de nuances et d’exceptions. Il faut donc pousser un peu plus loin la réflexion avant de choisir le bon bac.

Il faut en premier lieu se pencher sur la nature même des contenants dits « biodégradables », leur composition, afin de comprendre pourquoi on ne peut les traiter au même titre que les autres plastiques. Il y a tout d’abord les contenants biosourcés, c’est-à-dire faits à base de matière végétale comme l’amidon de maïs. Ceux-ci sont en fait compostables. S’ils se retrouvent parmi les contenants de plastique, il sera impossible, lors du processus de recyclage, d’obtenir un résultat homogène puisque cette matière n’entrera jamais en réaction chimique avec les polymères, détériorant ainsi la qualité de la résine produite. Par contre, les contenants biosourcés sont les bienvenus dans le bac brun où ils pourront être compostés comme il se doit.

Puis, il y a les plastiques dits « dégradables » ou « oxobiodégradables » qui se fragmentent en particules de petites tailles. Dans ce cas, des additifs oxydants sont ajoutés à la résine lors de la fabrication du plastique pour en fragiliser la structure moléculaire. Le plastique ne se désagrège donc pas réellement. C’est le même plastique, en petits morceaux, qui va se décomposer au même rythme qu’un polymère normal. Encore là, l’intégration de tels plastiques dans la fabrication de résine de plastique recyclé n’est pas souhaitable car elle sera affaiblie par les propriétés oxobiodégradables du produit d’origine. Concrètement, cela signifie qu’un banc de parc en polyéthylène recyclé pourrait casser s’il y a présence de plastique oxobiodégradable dans la résine.

En somme, l’objectif n’est pas de faire le procès des matériaux dits « biodégradables », mais plutôt de faire la lumière sur le fait qu’ils ne vont pas dans le bac de récupération. Ils ne sont tout simplement pas faits pour être recyclés.