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Partagez Le dos large des centres de tri

Il se passe rarement une semaine sans qu’une attaque ou une histoire à connotations négatives envers les centres de tri ne surgisse dans les médias. Depuis deux ans, les mots « crise » et « recyclage » sont trop souvent utilisés dans une même phrase. Et à en croire les gros titres et les commentaires récurrents entendus, les centres de tri seraient à blâmer pour cette situation.

En fait, la qualité jugée insuffisante de la matière produite en centres de tri se retrouve souvent au banc des accusés. Toutefois, même si certains centres de tri, dont Tricentris, sont en mesure d’offrir de la matière de qualité supérieure, répondant aux exigences resserrées, ils peinent à s’en départir car celle-ci ne trouve pas preneur. À titre d’exemple, Tricentris a plus de facilité à vendre des ballots de papier mixte comptant 7 % de contaminants que des ballots qui en contiennent 1 %. Pourquoi alors s’acharner et mettre le blâme sur la qualité?

Au moment de fermer leurs portes à l’importation à la fin de 2017, les marchés chinois achetaient 90 % de toutes les fibres disponibles à travers le monde. Aujourd’hui, il est impossible de penser traiter 100 % de cette matière par le 10 % d’acheteurs restants. L’offre est soudainement beaucoup plus élevée que la demande et la chaîne de valeur s’en trouve débalancée. La clé du problème se trouve donc du côté des marchés. Sans eux, comment faire tourner la chaîne?

Il est facile d’oublier que la matière ne fait que passer par les centres de tri. Ils ne sont qu’un chapitre dans le grand livre du recyclage et ce n’est pas parce qu’on met un item dans le bac de récupération que le tour est joué. La chaîne de valeur nécessaire pour qu’une matière soit recyclée est composée de plusieurs étapes et chacun de ces maillons est important et a son rôle à jouer.

Une boîte de céréales déposée dans le bac de récupération aura un périple bien au-delà du centre de tri. À son arrivée, elle passera bien sûr par diverses étapes de tri manuel et mécanique qui la mèneront, avec d’autres cartons minces, du papier de bureau et des journaux, dans la presse qui en fera un ballot de fibres. Toutefois, le ballot quittera ensuite le centre de tri et sera acheminé vers un conditionneur. Dans le cas des fibres, il s’agit des papetières. Le ballot de fibres y sera alors transformé en pâte à papier. L’histoire se transporte ensuite chez le fabricant qui, lui, se trouve face à un choix : intégrer de la pâte à papier recyclée à sa production ou n’utiliser que des fibres vierges. Évidemment, ce choix se fait en fonction de plusieurs critères – économiques, techniques, philosophiques – mais aussi selon la demande des consommateurs pour des produits à contenu recyclé. Et c’est l’ensemble des consommateurs qui repartiront la boucle en déposant leurs items recyclables dans le bac de récupération.

Au final, les centres de tri font ce pour quoi ils existent : retirer ce qui n’est ni recyclable, ni accepté par les différents conditionneurs, trier les matières recyclables en catégories, les mettre en ballots et les diriger vers les conditionneurs. À long terme, les moulins locaux se seront peut-être adaptés à la nouvelle composition du bac. D’ici là, il faut prendre un pas de recul et voir la chaîne de valeur dans son ensemble. Sans blâmer qui que ce soit, travaillons de concert à l’optimiser et à la rendre encore plus efficace et locale.

Publié le 27 août 2019