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Usine Anjou

Des batteries de voitures recyclées au Québec

Une nouvelle usine de recyclage de batteries de voitures verra le jour au Québec en 2023 et y traitera plus de 7 500 tonnes de batteries usagées par année. Grâce à son nouveau procédé breveté, Recyclage Lithion pourra même récupérer 95% des composantes des batteries lithium-ion traitées.

Une entente a d’ailleurs été signée avec Hyundai Canada pour la récupération et le recyclage des batteries de ses véhicules électriques et hybrides, et d’autres ententes devraient suivre prochainement.

Jean-Christophe Lambert, gestionnaire du développement des affaires pour l’organisation, explique que Recyclage Lithion ne voit pas les batteries comme des déchets, mais comme une ressource : « Les batteries usagées sont considérées comme une mine urbaine, qui limite notre dépendance à l’industrie minière. »

Ces batteries contiennent des matériaux prisés tels que du lithium, du cobalt et de l’aluminium, matériaux qui pourront entrer dans la fabrication de nouvelles batteries pour voitures. Un bel exemple d’économie circulaire! Recyclage Lithion ne plonge pas complètement dans l’inconnu avec cette nouvelle usine puisque l’entreprise récupère déjà des batteries de téléphones, tablettes, ordinateurs et véhicules dans son usine de démonstration à Anjou, où plusieurs tests sont encore réalisés.

Monsieur Lambert explique que le procédé actuel de récupération des batteries n’est pas optimal : « On procède, dans l’industrie, par pyrométallurgie; on brûle donc la batterie démantelée pour récupérer ses matériaux. Évidemment, ce n’est pas l’idéal pour l’environnement ou pour la récupération des métaux ». Le nouveau procédé optera plutôt pour l’hydrométallurgie, qui s’avère plus complexe, mais beaucoup mieux autant pour réduire les émissions de GES que pour extraire davantage de composantes.

« Il n’est pas avantageux ni pour les coûts, l’environnement ou la sécurité de transporter les batteries sur de longues distances », nous explique Monsieur Lambert. Dans le futur, l’entreprise souhaite donc vendre sa technologie à des tiers qui pourront à leur tour récupérer les matériaux des batteries usagées. C’est une solution qui s’avère nécessaire étant donné le marché international de ces produits.

En voyant les répercussions positives de ce nouveau procédé de récupération, on espère que les consommateurs et entreprises seront davantage portés à déposer leurs batteries ailleurs que dans le bac de récupération.

Publié le 26 août 2021
Article tiré du Tricentris Express d’août 2021. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet.

Danger des piles lithium

Les piles au lithium font exploser le nombre d’incendies dans les centres de tri

Les incendies sont de plus en plus fréquents depuis quelques années dans les centres de tri. Pourtant, un seul responsable s’accapare la grande majorité du blâme : la pile au lithium.

Les piles et batteries au lithium contiennent des matières corrosives qui peuvent exploser et déclencher des incendies lorsqu’elles sont écrasées, perforées ou exposées à l’eau. Ainsi, lorsqu’elles sont déposées dans le bac de recyclage, elles présentent un réel danger dès la collecte et jusque dans les centres de tri, posant un risque pour plusieurs travailleurs.

Ricova, qui  œuvre  dans  le  transport  et  la  collecte de matières résiduelles et recyclables, a commandé récemment  un  rapport  d’analyse  concernant  les piles au lithium. Les résultats de ce rapport sont accablants : selon les centres de tri consultés, les incendies seraient causés à plus de 90% par des déchets électroniques qui contiennent des piles ou des batteries au lithium (les batteries sont un assemblage de piles). Et puisque la fabrication de ces piles a triplé en l’espace de 10 ans et que des citoyens en déposent toujours dans leur bac, les incendies se font de plus en plus fréquents.

Robin Dignard, pompier en charge du rapport d’enquête, mentionne que les incendies ne sont qu’un des risques potentiels des piles et batteries au lithium. « La batterie brûle violemment jusqu’à ce que  le lithium soit complètement consumé », explique Monsieur Dignard, « mais des gaz toxiques très nocifs pour  les  travailleurs  peuvent  aussi  se  libérer  sous pression. Une batterie peut même exploser et être projetée comme une fusée. »

Myriam Casavant, conseillère en prévention chez Tricentris, a également eu l’opportunité de collaborer avec Ricova sur ce dossier en partageant son expérience professionnelle. Elle souligne que les trieurs essaient de retirer les piles et batteries lors de l’étape du pré-tri, mais qu’il est toujours possible que l’une d’elles se glisse parmi d’autres matières. Des procédures sont aussi mises en place pour enlever les piles qui coulent ou qui sont déformées. Toutefois, cela n’élimine pas les risques d’incendie pendant leur transport du bac au centre de tri, lorsqu’elles sont déversées avec les autres matières, puis entassées pour rejoindre le premier convoyeur.

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Des batteries qui se sont retrouvées au centre de tri de Terrebonne récemment

Pour Myriam Casavant et Robin Dignard, la priorité est de sensibiliser les citoyens. « Présentement, on ne rejoint pas tout le monde », explique Madame Casavant. « C’est un problème. Le gouvernement a un poids qui pourrait permettre de renverser la vapeur en sensibilisant les citoyens à cet enjeu. »

« Il faut lui [le citoyen] rendre la vie le plus simple possible », ajoute Robin Dignard. « Il ne sait pas toujours comment se débarrasser de ses batteries. » Le rapport cite en exemple le Royaume-Uni, où les piles sont accompagnées d’un symbole qui indique clairement que ce produit ne va pas dans le bac de récupération. « Est-ce que les écocentres pourraient avoir un horaire plus flexible également?», se demande Myriam Casavant. « Ou peut-être que plus de vendeurs de produits avec des piles au lithium devraient offrir des centres de dépôt pour les piles? »

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Des piles avec un symbole indiquant de ne pas les mettre dans le bac (photo Eunomia)

Bref, cette louable initiative de  Ricova  expose  un fléau d’une importance croissante dans le but de mobiliser les multiples parties qui auront un rôle  à jouer pour l’éradiquer : les municipalités, mais aussi les gouvernements provincial et fédéral, les fabricants et les citoyens. Avec le plan de modernisation de la collecte sélective, on peut d’ailleurs se demander comment l’organisme de gestion désigné (OGD) va s’assurer que sa matière est exempte de ces piles au lithium, puisqu’elle en sera responsable.

Pour consulter le rapport complet : https://ricova.com/wpcontent/uploads/2021/07/Rapportanalysede-risqueincendiedanslescentresdetri.pd

Publié le 26 août 2021
Article tiré du Tricentris Express d’août 2021. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet.