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TRICENTRIS_PAPIER

Édito – avril 2019

fred

Quand on se compare…

 

Récemment, certains nous ont reproché de trop vouloir faire de surplus. En réponse à ces détracteurs, disons qu’à titre d’OBNL, nous avons l’obligation de bien gérer l’entreprise. Qui plus est, notre mission, tout comme celle des municipalités, consiste à offrir le meilleur service au meilleur coût possible pour nos membres. Et cela exige, encore une fois, une gestion diligente.

Certes, notre héritage québécois judéo-chrétien maintient encore aujourd’hui tabou toute question monétaire. Alors, je vous mets en garde : cet édito parle d’argent.

Actuellement, Tricentris demande à ses membres une contribution de 2,01 $ par citoyen. L’idée d’une contribution basée sur la population plutôt que sur le tonnage avait pour but de favoriser la récupération tout en brisant l’équation que plus on recycle, plus on paie. Aujourd’hui, lorsqu’on fait tout de même ce calcul à la tonne et en considérant le tonnage apporté par nos membres, nous en sommes à 21,28 $ la tonne métrique.

Je tenais à souligner ce chiffre, ne serait-ce que pour le comparer au prix actuel du marché demandé par nos compétiteurs qui s’élève maintenant à 85 $ la tonne métrique. Avec un tel tarif, nous aurions des revenus additionnels de 11 millions $ par année. Avec un manque à gagner semblable à celui de 2018, soit une perte de 5 millions $, nous aurions donc en 2019 notre meilleure année à vie avec un surplus de 6 millions $.

Ceci met en lumière toute la force que représente le tonnage des membres. Si jamais les marchés ne se redressaient pas avant 2020 et que Tricentris avait besoin de demander la contribution exceptionnelle à ses membres, les tarifs seraient encore avantageux. Par exemple, en demandant 50 % de cette contribution exceptionnelle, nous irions chercher 4,8 millions $ supplémentaires et vos coûts de traitement à la tonne métrique s’élèveraient en moyenne à 49 $. Donc malgré cela, votre coût demeurerait toujours bien en deçà des 85 $ exigés ailleurs sur le marché actuellement.

Loin de moi l’intention d’être de mauvais augure; tel n’est pas le but de l’exercice. Mais parfois, lorsque les temps sont durs, il est permis de se comparer pour se consoler.

Dans un tout autre dossier, mais quand même en lien avec nos finances, nous savons désormais que 40 millions $ seront prévus pour l’amélioration des centres de tri du Québec, tel qu’annoncé lors du récent budget provincial. Évidemment, Tricentris salue cette mesure. Nous pourrons ainsi poursuivre notre voie vers une qualité toujours meilleure. Toutefois, j’espère que les programmes d’aide qui seront mis en place tiendront compte de la conjoncture économique des centres de tri québécois. On connaît tous la limite des subventions à 500 000 $ du gouvernement afin de respecter ses règles internes. Toutefois, cette limite oblige les centres de tri à débourser des sommes actuellement consacrées à survivre. D’autant plus que plusieurs d’entre nous avons déjà investi le peu de liquidités disponibles pour améliorer la qualité des fibres en 2017-2018. Il sera intéressant de voir comment l’aide annoncée considérera le manque à gagner des centres de tri.

C’est à suivre.

Frédéric Potvin,
Directeur général