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Édito – décembre 2022

 

Aller à la source du problème 

Myriam Forget-Charland

Par Myriam Forget-Charland

L’entrée du système modernisé de collecte sélective est prévue pour la fin de 2024. Je voulais vous en parler ici mais, malgré la documentation et les webinaires à ce sujet, on ne sait pas encore grand-chose. Certes, l’organisme de gestion désigné nommé en octobre vient répondre à la portion « qui » de l’équation. Cependant, le « combien » s’annonce exorbitant, on n’a pas tout à fait saisi encore le « pourquoi » et le « comment » demeure nébuleux et discutable.

On sait toutefois que cela reposera principalement sur la responsabilité élargie des producteurs (REP). Cette dernière stipule que les entreprises qui mettent en marché des produits sont responsables de leur gestion en fin de vie. C’est une belle idée, mais j’aimerais pousser la réflexion dans une autre direction. Plutôt que de se démener uniquement à trouver des solutions à des problèmes (lire ici : trouver un débouché à un produit qui termine à l’enfouissement), ne pourrait-on pas aussi revoir ce qui est mis en marché au départ? Pourquoi, encore aujourd’hui, est-il permis de produire des contenants et des emballages orphelins d’avenues de récupération?

C’est facile de blâmer le citoyen. De lui dire de faire des choix verts lors de ses emplettes. De clamer que le recyclage débute à l’achat. Mais des fois, le citoyen peut ne pas être au courant, peut être perdu dans les bons gestes à poser ou peut, tout simplement, ne pas avoir le choix ou les moyens.

Alors, on se tourne vers les centres de tri. On les évalue et on critique leurs performances. Dois-je vous rappeler que le travail d’un centre de tri, le nom le dit, est de trier les matières qui nous sont envoyées, rien de plus. Et ce, sans toutefois n’avoir jamais aucun contrôle sur elles. Pouvez-vous me dire comment on finit souvent avec l’étiquette du méchant dans l’histoire?

Si on veut comprendre pourquoi la boucle de valorisation ne se fait pas toujours, il faut regarder ailleurs. En amont peut-être? Oui, les producteurs de contenants et d’emballages sont « invités » à repenser ce qu’ils mettent sur nos tablettes et à se tourner vers de l’écoconception. Mais est-ce suffisant? Pour le moment, ils payent une cotisation en fonction de ce qu’ils génèrent. Et à voir le nombre de contenants et d’emballages sans débouchés, il faut croire que la conséquence d’en mettre en marché ne pèse pas assez. Et c’est certainement plus facile de payer son droit de polluer que de réinventer les types d’emballages qu’on utilise depuis des décennies.

Disons seulement que la stratégie ne devrait pas uniquement reposer sur la volonté. Si on est capable de développer des solutions de récupération, je suis certaine qu’on peut trouver des solutions de conception. Et ainsi éviter de créer un problème qu’on aura à régler plus tard.

Bref, j’aurais bien aimé vous parler aussi de la modernisation de la consigne, mais ce sujet nécessitera son propre édito!

Publié le 13 décembre 2022
Article tiré du Tricentris Express de décembre 2022. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet.