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TRICENTRIS_PAPIER

Édito – décembre 2019

fred

Le diable est dans les détails…

On dit qu’en chacun de nous vivent un petit diable et un petit ange. Et ils sont bien installés chez les consommateurs-recycleurs que nous sommes.

On trie nos matières, on met notre bac au chemin, on apporte nos sacs réutilisables à l’épicerie et on écoute les conseils de nos enfants qui sont nettement plus avertis en terme de récupération. On participe à plus de 85 % à la collecte sélective au Québec. Vous l’aurez compris, c’est l’ange.

Mais on achète aussi du beau papier de toilette d’un blanc immaculé. On préfère les papiers essuie-tout blancs ornés de belles petites fleurs bleues parce que dans la cuisine, le mur est jaune et que bleu et jaune, c’est beau. On a de nombreux objets dans la maison qui proviennent de la Chine parce qu’en bout de ligne, ils coûtent moins cher les trucs chinois. C’est lui le diable.

Le comportement du citoyen est dichotomique. Comme si le côté de l’ange ne servait qu’à permettre à celui du diable de s’amuser. Et si on écoutait un peu plus la voix de l’ange et qu’on changeait un tant soit peu notre consommation? Acheter du papier de toilette recyclé par exemple…

Chez Cascades, on nous dit que la majorité de leurs papiers hygiéniques est faite de recyclé. Eh oui! Il est la plupart du temps blanc, mais tout de même recyclé. Ils ont aussi une gamme de papiers qui se nomme Moka. C’est joli Moka, non? Il faut croire que ça ne l’est pas assez puisque le consommateur veut du blanc et tient à son papier blanc et ce, avouons-le, pour le plus insignifiant des gestes.

Actuellement, pour produire du papier hygiénique recyclé blanc, on utilise du papier de bureau blanc (SOP 37). Sous sa blancheur, la notion du contenu recyclé est dissimulée. Et comme il n’y a pratiquement plus de distinction entre ça et un produit de fibres vierges, un grand nombre de consommateurs doivent déjà, sans savoir, acheter et utiliser du papier hygiénique fait de recyclé.

Alors, comment se fait-il que 100 % du papier de toilette n’est-il pas déjà fait de recyclé? Surtout si on considère qu’il y a une date de péremption sur la couleur blanche recyclée puisque la génération de papier de bureau baisse de 7-8 % par année. (Du moins, j’ose espérer qu’on ne commencera pas à blanchir du papier brun recyclé.)

Si acheter c’est voter, voter pour le recyclage n’aura jamais été aussi facile! À raison de deux rouleaux de papier de toilette par semaine par personne (eh oui!), on parle de 79 000 tonnes par année au Québec seulement! Ne sommes-nous pas à la recherche de diverses solutions pour garder nos fibres qui prennent actuellement la direction de l’Asie?

Comités verts de ce monde, voilà un geste facile qui peut faire une différence et qui peut changer quelque chose ici, au Québec. Allez, groupes environnementaux : cessez de chercher des coupables et adressez-vous au vrai problème qu’est celui de la consommation négligente.

Le comportement humain étant ce qu’il est, on cherche tous un bouc émissaire quand on fait face à une crise. On peut bien dire que c’est le gouvernement qui ne fait rien, que ce sont les centres de tri qui ne produisent pas de la qualité ou encore que ce sont les papetières qui sont mal adaptées. Mais au final, tous répondent aux demandes des consommateurs.

On dit que le diable est dans les détails… Oui, dans le commerce de détail.

Frédéric Potvin,
Directeur général