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Tonnage traité depuis notre ouverture

6293363

tonnes
de matières

TRICENTRIS_PAPIER

Édito – octobre 2021

FPotvin

Il manque un quart de tour.

Avez-vous déjà remarqué le dessous d’un sac d’épicerie en papier ? Un texte y est imprimé indiquant où sont fabriqués ces sacs trop fragiles. Oui, je sais, j’aurais dû avoir mes sacs réutilisables… Que ceux qui ne les ont jamais oubliés me jettent le premier potiron ! Bon, je reprends.

J’ai donc regardé sous ce sac. Hé oh… Quelle surprise de voir qu’il est fabriqué hors Québec. Ça m’a choqué. On a reproché aux centres de tri de ne pas vendre aux industries locales – à tort selon moi, mais nous étions une cible facile. On a donc demandé aux centres de tri de vendre leurs matières au Québec.

On a aussi demandé aux citoyens de recycler et d’acheter local. Qui n’a pas déjà entendu le célèbre : « Acheter, c’est voter ! » de Laure Waridel, qui s’adressait alors aux citoyens ? Eux aussi, peuvent changer les choses.

Pourtant, il semble que dans cette société, il y a un groupe à qui on ne s’adresse pas beaucoup : les acheteurs corporatifs.

Il y a toute une gamme de produits pour lesquels on ne peut pas voter… toutes ces marchandises sur lesquelles on ne peut pas se prononcer. À l’hôpital, choisissez-vous votre petit gobelet ou l’emballage des gants chirurgicaux ? Et tout l’appareil politique qui roule au gaz, roulent-ils leur stylo à bille sur du recyclé acheté local ?

On peut bien demander aux 8 millions de citoyens de faire un geste, mais il y a des secteurs où on aurait très peu d’efforts à mettre pour obtenir beaucoup de résultats… Mais comment convaincre ces acheteurs corporatifs ? Ils sont quand même si peu nombreux comparé à toute une population ! Et si on commençait à instaurer une taxe environnementale sur les achats en gros ? À partir d’un certain niveau de consommation du même article, s’il n’est pas local ou fait de matière recyclée, on taxe le produit. Bon, si vous avez une autre solution, tant mieux ! J’entends déjà certains me crier que la REP est la solution ! Mais non, d’aucune façon la REP ne convaincra les grandes corporations d’acheter local ! Elles sont déjà en grande partie responsables du système puisqu’elles paient pour la collecte sélective presqu’en totalité et le problème subsiste. En fait, la question qui se pose est la suivante: ces grandes corporations accepteraient-elles de perdre 4 % de leur chiffre d’affaires pour acheter des produits locaux? C’est ce que Tricentris a accepté de faire lorsque nous avons fait le choix de vendre nos matières recyclables ici, au Québec.

Nous avons fait un effort, comme en témoigne notre carte-matières. Ce n’est pas fini, mais on a fait des pas de géant. Il me semble par contre qu’il manque un quart de tour à l’économie circulaire ! Celui des achats corporatifs.

 

Publié le 15 octobre 2021 dans le Tricentris Express