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Nous aussi, nous sommes touchés par la pénurie de main-d’œuvre

104, c’est le nombre qui a inspiré le sujet de cet article. Parce que 104, c’est le nombre d’employés qui nous manquaient pour opérer normalement, à pleine vitesse, au début du mois de juin. La main-d’œuvre se fait une denrée rare et la situation est loin de nous être exclusive ; difficile d’entrer aujourd’hui dans un commerce ou une entreprise sans y voir des offres d’emplois affichées ou des messages en lien avec le recrutement.

En poste chez Tricentris depuis 2017, madame Julie Cleary, responsable des ressources humaines, le confirme :« La problématique se faisait déjà sentir à l’époque. Aujourd’hui, avec une pandémie et une multiplication des nouvelles industries qu’on ajoute à une situation qui ne s’est jamais améliorée depuis le temps, la difficulté du recrutement a atteint de nouveaux sommets. » En effet, avec la pandémie, nous avons perdu certains salariés qui ont été tentés par des prestations telles que la PCU ou la PCMRE. Ceux qui ont continué de travailler vivent le même quotidien depuis maintenant plus d’un an alors, pour certains, changer d’emploi peut sembler une bonne option pour générer un peu de changement, de nouveau, dans leur vie. Et justement, avec l’abondance de postes disponibles, changer d’emploi est facile et rapide.

La dynamique de l’embauche a changé. Le simple affichage de poste n’est plus suffisant. Ce ne sont plus les candidats qui doivent se vendre, mais bien les employeurs. Avec les nouvelles industries qui recrutent massivement, la compétition est féroce et il y a une surenchère de salaires. Même les agences de placement temporaire n’arrivent plus à répondre aux demandes. Nous avons d’ailleurs récemment dû annuler un quart de travail faute de personnel. La situation est difficile aussi pour nos trieurs car le tri, c’est un travail d’équipe et ils attendent impatiemment la venue de nouveaux collègues.

Alors, que peut-on faire pour contrer la situation? Il faut être créatif assure Julie Cleary. « On est sur nos tables à dessins, on évalue tout ce qu’on peut faire et on apporte des modifications à tous les niveaux possibles. Et des solutions, il y en a. »

Si 35 trieurs sont nécessaires en temps normal par quart de travail, on se demande alors comment opérer avec la moitié. L’objectif ici n’est pas de se débarrasser d’employés, mais bien de trouver des alternatives aux postes qu’on ne parvient pas à combler. En en sens, en plus d’augmenter le plus bas salarié à un taux horaire de 15$, notre conseil d’administration a justement demandé à nos directeurs d’usines des projets axés davantage sur la réduction de postes que sur la rentabilité financière.

Dès lors, plusieurs projets en ce sens ont été, ou seront, réalisés. À Terrebonne et Gatineau, les fonctions des lecteurs optiques en place ont été repensées pour offrir un tri mécanisé encore plus efficace. À Lachute, de nouveaux lecteurs optiques seront carrément ajoutés à la ligne de tri prochainement. Des robots de tri sont également envisagés et plusieurs tâches sont étudiées afin de voir si elles peuvent être automatisées. « L’idée est d’adapter les usines et voir à quels endroits on peut se passer d’un employé, quels postes on peut remplacer par autre chose et comment on peut en modifier ou supprimer certains autres pour réassigner ailleurs le personnel qu’on récupère. Tout ça, sans avoir d’impact sur la qualité de notre production » ajoute-t-elle.

Pour motiver les troupes en place et offrir un certain changement d’air, notre équipe des ressources humaines se penche aussi sur des solutions plus rapides comme les conditions d’emploi, l’atténuation d’irritants et la mise en place de petits plaisirs.

À plus long terme, nous avons travaillé en collaboration avec le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration et nous sommes heureux de vous annoncer que, dès cet automne, nous accueillerons une vingtaine de travailleurs mexicains au sein de la famille Tricentris. « Nous avions déjà ce projet en tête depuis un bon moment et c’est emballant de le voir avancer. Nous avons participé à toutes les étapes et pendant les entrevues, plusieurs candidats avaient fait des recherches sur Tricentris, qui nous sommes et qu’est-ce qu’on fait, mais aussi sur les matières recyclables au Québec. Certains sont même déjà actifs sur notre page Facebook. Ils sont motivés et c’est motivant! » conclut madame Cleary.

La situation est alarmante et répandue mais toute notre équipe s’affaire à en minimiser les impacts. Un défi n’attend pas l’autre, mais les relever, ça nous connait!

Publié le 14 juin 2021
Article tiré du Tricentris Express de juin 2021. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet

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Portrait : trieuses

Au mois de mai dernier, trois de nos employées ont brillé dans un reportage d’Urbania portant sur le métier de trieuse de matières recyclables. Ginette Dépôt, Stéphanie Hoffman et Francesca Tessier se sont prêtées au jeu sans tabou afin de démystifier ce métier peu connu et d’humaniser le tri. Nous avons rencontré nos trois trieuses qui ont accepté de répondre à nos questions.

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Ginette Dépôt, chez Tricentris depuis 18 ans
Stéphanie Hoffman, chez Tricentris depuis 20 ans
Francesca Tessier, chez Tricentris depuis 2 ans

Qu’est-ce que les gens pensent à tort du métier de trieuse?

F.T. : Le monde pense que c’est facile. Dans ce temps-là, je leur dis de venir faire un tour à l’usine et de venir trier pour voir. On a hâte de pouvoir refaire des portes ouvertes justement pour que les gens puissent voir de leurs propres yeux.
G.D. :
Qu’on passe nos journées à juste s’assurer que les machines font leur travail et qu’on enlève des convoyeurs une petite chose ici et là. Mais non, on tri vraiment fort, toute la journée.
S.H. :
Et d’après moi, à voir la quantité de déchets qu’on reçoit, les gens doivent penser que c’est juste des machines qui font le tri. C’est peut-être pour ça qu’on reçoit aussi beaucoup de documents personnels comme des passeports et des photos de personnes nues.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton travail?

S.H. : C’est un travail qui bouge. Je me déplace partout dans l’usine pour m’assurer que tout fonctionne, qu’il n’y ait rien de bloqué et qu’il y ait toujours de la matière qui roule.
F.T. : Quand je trie, je peux penser à rien, comme à tout, sans que ça affecte mon travail. Je suis dans ma bulle, je chante, je danse en travaillant. Je n’aime pas être immobile, alors ça fait du bien.
G.D. : Depuis quelques temps, je m’occupe beaucoup des équipements de sécurité, comme les sarraus et les gants, mais aussi de désinfecter les surfaces communes. C’est une responsabilité que j’aime d’assurer la santé et la sécurité de tout le monde.

Qu’est-ce qui t’enrage le plus dans ton travail?

F.T. : Les animaux morts, surtout pendant les chaleurs, ça ne se sent vraiment pas bon, ou quand les gens mettent des poubelles et des restants de table qui font des odeurs indésirables. Moi, je suis supposée travailler à l’usine de recyclage.
S.H. : Même chose pour les couches. Ça n’a pas sa place dans le bac et on ne s’habitue jamais.
G.D. : Probablement que tous les trieurs partagent ici la même opinion.

Qu’est-ce que ça prend pour être une bonne trieuse?

F.T. : Une bonne mémoire. Il y a beaucoup de choses à retenir, par exemple pour tous les types de contenants, si on veut les mettre à la bonne place. Et de la rapidité.
G.D. : Il ne faut pas avoir de problème de dos ou de pieds et être un peu en forme parce qu’on est quand même debout toute la journée.
S.H. : Et tant que les gens ne mettront pas juste des contenants, des emballages et des imprimés dans le bac, il ne faut pas trop être dédaigneux ou avoir le cœur sensible.

Est-ce qu’il y a un moment qui t’a marqué?

S.H. : Une fois, il y a plusieurs années, j’étais en train de trier et tout d’un coup, le convoyeur était rempli d’argent. C’était de l’argent plus vieux, mais de l’argent quand même! Moi et plusieurs autres, on a dû se ramasser entre 300 $ et 400 $ chaque.
G.D. : On a souvent aussi des belles activités à l’extérieur du travail. Les party de Noël ou les spectacles de Boom Desjardins ou de Pagliaro sont des beaux souvenirs d’équipe.
F.T. : C’est certain qu’à chaque fois qu’un « dildo » passe sur un convoyeur, c’est marquant. Il faut croire qu’il y a des gens qui pensent que ça se recycle. C’est toujours drôle quand ça arrive.

Est-ce que tu recommanderais le métier de trieuse à quelqu’un, et pourquoi?

S.H. : Oui, surtout si la personne me dit qu’elle s’ennuie à son travail et qu’elle ne bouge pas assez. Il y a aussi une grande ouverture sur la conciliation travail-famille.
F.T. : Oui, et je l’ai même déjà fait dans le passé avec des amis. C’est un emploi stable, on a toujours du travail et comme c’est du lundi au vendredi, c’est parfait pour la vie de famille.

Qu’est-ce que ça veut dire pour toi être trieuse?

F.T. : C’est vraiment de trier, le nom le dit.
S.H. : J’aime penser que j’aide la planète à aller mieux. Je fais même ça dans mes loisirs, comme quand je fais du kayak, je ramasse les déchets que je trouve et je les dépose ensuite dans les bons bacs.
G.D. : On se sent important, que ça va faire du bien à la Terre, à l’environnement.

Quel conseil donnerais-tu aux gens?

G.D. : Mets du respect dans ton bac. Et venez nous voir quand on fait des portes ouvertes!
S.H. : C’est simple, de ne pas jeter de couches, d’animaux morts ou de déchets dans le bac.
F.T. : De faire sûr que c’est des contenants, des emballages et des imprimés qu’ils mettent dans le bac. Et s’ils ne sont pas sûrs, de poser leur question sur la page Facebook de Tricentris parce qu’on y donne de merveilleux conseils.

Merci les filles, vous êtes super!

Et si ce n’est pas déjà fait, on vous invite à visionner le reportage d’Urbania en cliquant ici.

Publié le 14 juin 2021
Article tiré du Tricentris Express de juin 2021. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet.