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Tricentris investit pour une qualité incomparable

Depuis l’automne dernier, les centres de tri au Québec comme partout ailleurs, font face à de nouveaux standards de qualité pour la vente et l’expédition de fibres en Chine. Dès les premières annonces de ces exigences resserrées, Tricentris est tout de suite passé en mode solution. Certes, la qualité déjà supérieure de nos fibres nous permettait de trouver preneur pour cette matière malgré la fermeture de 90% des marchés et nous aurions pu attendre de voir comment allait se développer la situation, attendre de voir si la Chine allait se rétracter ou assouplir ses critères. Mais c’est bien mal nous connaître.

La rapidité décisionnelle du conseil d’administration de Tricentris, jumelée à une soif constante d’avancement, de progrès et d’avant-gardisme, nous permettent de vous annoncer que nous sommes déjà en train d’installer de nouveaux équipements à la fine pointe de la technologie dans nos centres de tri. Ce contrat de 6,6 millions, signé en décembre dernier, comprend six lecteurs optiques qui seront intégrés à nos chaînes d’opérations à raison de deux par usine. Il s’agit d’un investissement majeur qui nous aidera à produire un niveau de qualité encore jamais atteint. Une fois de plus, nous avons fait confiance aux Industries Machinex Inc., équipementier et partenaire de longue date de Tricentris, pour la réalisation de ce projet.

Installé sur la ligne des fibres, le lecteur optique a pour rôle de retirer le plus de contaminants possibles. Il peut aussi bien s’agir de bouteilles d’eau écrasées, de sacs de plastique ou de morceaux de bois. Tout ce qui n’est pas une fibre – papier ou cartonnette – est ici considéré comme un contaminant et doit être retiré et dirigé vers la bonne voie de valorisation. À l’entrée du lecteur optique, une caméra scrute et analyse la matière qu’elle surplombe. Elle est programmée pour reconnaître les items indésirables mélangés aux fibres. La position de ces contaminants est ensuite communiquée aux buses d’air qui se trouvent à la sortie du lecteur optique. Ces dernières reçoivent donc l’emplacement précis des objets à retirer et les éjectent à l’aide d’un jet d’air. En tout, chaque convoyeur est muni de 120 buses d’air. Un ajout des plus justifié et apprécié lorsqu’on sait qu’à chaque minute, il passe 1 700 contaminants sur les lignes de fibres!

Comme ces nouveaux équipements peuvent en extraire jusqu’à 1 400 dans le même laps de temps, ils arrivent en renfort aux trieurs. En effet, ils ne sont pas là pour remplacer des employés, mais bien pour soutenir et appuyer leur travail. Alors que les trieurs devaient auparavant retirer des contaminants de façon constante, leur poste a plutôt migré vers celui d’un inspecteur: ils doivent se concentrer sur ce qui a échappé au lecteur optique et peaufiner son travail. La nature de la tâche reste la même à la différence près qu’en étant maintenant moins nombreux, les contaminants sont plus difficiles à voir parmi les fibres.

Installés au début du mois de mars, les lecteurs optiques sont déjà en opération depuis quelques semaines à notre usine de Terrebonne et les résultats sont impressionnants. Lorsque la matière arrive sur la ligne de fibres, elle compte en moyenne 15 % de contaminants. Avant l’installation des lecteurs optiques, ce taux passait à 8 % après le travail de nos trieurs. Maintenant, le taux de contamination est à 3 % à la sortie des nouveaux équipements et, après que la matière soit passée au peigne fin par les trieurs, il est réduit à un impressionnant 1 %. Le tout à un rythme de 12 tonnes de fibres à l’heure!

En plus de produire un niveau de qualité inégalé, nous valorisons bien entendu les contaminants extraits des fibres. Comme la matière est traitée en boucle fermée, tous les objets éjectés par les lecteurs optiques sont détournés vers un autre convoyeur et triés adéquatement. Ces items qui étaient des contaminants dans nos ballots de fibres sont donc maintenant récupérés et vendus à des recycleurs qui leur donneront une deuxième vie.

Après un nouveau séparateur à carton, de nouveaux équipements pour le traitement du verre et maintenant ces lecteurs optiques, l’usine de Terrebonne a connu son lot d’améliorations récemment. « C’est certain que ça fait beaucoup de changements pour les employés dans la dernière année. Ils voient cependant le positif à travailler pour une compagnie à la fine pointe de la technologie. La qualité qu’on arrive à produire maintenant va nous permettre d’atteindre de nouveaux marchés et des nouveaux marchés signifient en même temps des emplois sécurisés » explique monsieur Michel Gélinas, directeur de l’usine de Terrebonne.

Dès la fin d’avril, ce sera au tour de notre équipe de Lachute de jouir des avantages de ces nouveaux lecteurs optiques, puis s’ensuivra celle de Gatineau.

Finalement, nous avons réalisé une courte vidéo pour diffuser officiellement cette belle annonce. Remplaçant la conférence de presse traditionnelle, cette vidéo présente les lecteurs optiques en action mais aussi et surtout les partenaires remarquables de ce projet qui, une fois encore, démontrent que le génie québécois accomplit de grandes choses! Vous y reconnaitrez Les Industries Machinex Inc. et l’Institut National d’Optique, responsable de la technologie derrière les caméras des lecteurs optiques, mais aussi madame Isabelle Melançon, ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Nous vous invitons donc à visionner cette vidéo en cliquant sur ce lien et, bien sûr, à la partager.

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La crise en quelques points

Depuis l’automne dernier, impossible de ne pas avoir entendu parler dans les médias de cette crise dans le milieu de la récupération, en lien avec la fermeture des marchés chinois. Nous avons nous-même abordé le sujet dans plusieurs numéros du T.E. Mais comme les interrogations sont encore nombreuses, pourquoi ne pas décortiquer ensemble, point par point, les questionnements et les affirmations les plus souvent entendus à ce sujet?

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Publié le 19 juin 2018

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Ailleurs dans le monde

Combien de fois avez-vous lu ou entendu « Une crise du recyclage au Québec » au cours de la dernière année? Ce type de gros titre sensationnaliste pouvait laissait entendre qu’il y avait un problème avec notre système de collecte sélective. Qu’ici, on ne faisait pas les choses de la bonne façon. Alors qu’au contraire, les effets de la fermeture des marchés chinois se sont fait sentir partout à travers le monde et c’est l’industrie entière qui fut touchée. Au Québec, la majorité des centres de tri québécois s’en sont bien sortis. Mais regardons comment cela s’est vécu dans d’autres régions du globe.

Aux États-Unis :
L’implantation par les autorités chinoises du Green Fence en 2013, du National Sword en 2018 et des nouvelles normes de qualité qui les accompagnent ont eu un impact mondial. Il n’est donc pas étonnant de voir d’autres centres de tri, comme Tricentris l’a fait cette année, se munir de nouveaux équipements permettant de produire une meilleure qualité et ultimement, répondre aux standards. Meaghan Johnson, directrice marketing pour Lakeshore Recycling Systems, nous raconte « qu’en plus de réduire la vitesse de notre procédé de traitement, nous avons installé un lecteur optique pour les fibres ainsi que le nouveau robot trieur évolutif samurAI de Machinex ». Lors de leur plus récente évaluation, ils ont obtenu un taux de rejets de 1 % dans leurs fibres. Ce centre de tri de Chicago traite près de 90 000 tonnes de matières recyclables par année et doit vendre ses ballots presque aussi vite qu’ils sont produits puisque l’espace d’entreposage sur place y est très limité. Avec les marchés restreints de la dernière année, ils ont donc été contraints de laisser aller de la matière à une très faible valeur.

En France :
La fermeture des marchés chinois s’est également fait ressentir sur les fibres mixtes produites en France car avant le National Sword, 75 % de leur production prenait cette direction. Bien que les papetières locales aient accepté de prendre un peu plus de matières que d’habitude, elles ont aussi exigé une meilleure qualité. La matière a donc dû être mieux triée ou retriée. Monsieur Thierry Oudart, consultant dans le domaine de la valorisation en France depuis 10 ans, explique que « plusieurs mois furent nécessaires pour écouler la matière de moins bonne qualité qui était accumulée et, comme elle se dégrade après une trop longue période entreposée à l’extérieur, l’excédent a dû être envoyé vers des sites de compostage ou d’incinération. » De plus, ils ont aussi dû composer avec la compétition et monsieur Oudart avoue que les quelques recycleurs asiatiques qui importent encore des fibres mixtes leur ont bien souvent préféré la matière provenant du Québec en raison de sa meilleure qualité.

En Australie :
Il existe en Australie de bons marchés locaux pour le carton, le PET et le HDPE, de même qu’un petit marché pour les fibres mixtes, quoique loin d’être suffisant pour répondre à l’offre locale. Les centres de tri australiens expédiaient donc leurs surplus de fibres mixtes ainsi que leurs plastiques mélangés en Chine. « Depuis le National Sword, les frais de traitement ont augmenté de 70 $ à 100 $ la tonne. Des programmes d’aide financière, totalisant plusieurs millions de dollars, ont été mis en place par le gouvernement afin de réduire l’impact sur les ménages et donner le temps à l’industrie de s’adapter », nous confie monsieur Garth Lamb, président de la WMAA (Waste Management Association of Australia). En plus de nombreux investissements dans les centres de tri pour améliorer la qualité des produits, l’objectif politique est d’encourager davantage les développements locaux pour le conditionnement, la transformation et l’utilisation de ces produits recyclés. Certes, ces nouveaux marchés ne pourront être créés du jour au lendemain, mais ils représentent la solution privilégiée par l’Australie pour ne plus se retrouver dans ce genre de situation.

En conclusion, on y apprend que non seulement la fermeture des marchés chinois a frappé partout, mais que le Québec, grâce à sa qualité, s’en sort très bien. L’ajout d’équipements pour améliorer la qualité s’est avéré une stratégie gagnante et tous se tournent vers le développement des marchés locaux.  Alors rien de sert de blâmer notre système de collecte sélective, qui, au final, performe. Et en prenant le recul nécessaire pour avoir une vue d’ensemble, peut-on maintenant arrêter de parler d’une « crise du recyclage au Québec »?

Publié le 18 décembre 2018