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La « Map-Matières »

Au cours des derniers mois, il vous aura fallu habiter une autre planète pour ne pas avoir entendu parler de la crise dans le milieu du recyclage. Aux dires de certains, l’ensemble de la collecte sélective était menacée suite à la fermeture du marché chinois. Comme si toutes les matières recyclables traitées au Québec étaient envoyées en Chine… c’est pourtant loin d’être le cas! Chez Tricentris, seules les fibres mixtes et les sacs de plastique prenaient cette direction. Il n’y a donc eu aucun impact sur les ventes du carton, du métal, du plastique et du verre puisque ces matières trouvent toutes preneurs localement. Nous en avons parlé à maintes reprises mais cette fois, nous voulons vous le montrer. Parcourez donc notre « map-matières » et découvrez le – court – chemin parcouru par vos matières!

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Et voici quelques exemples de ce que deviendront les matières suite à leur transformation :
Verre : Poudre de verre Verrox®, abrasif projeté, sable de filtration
Carton : Papier essuie-main brun, boîtes de carton
Papier déchiqueté : Mouchoirs, papier hygiénique
PET (plastique #1) : Billes de PET ensuite utilisées dans la fabrication d’items faits de PET recyclé
HDPE (plastique #2) : Tuyaux et drains français pour le milieu agricole
Sacs de plastique : Billes de plastique ensuite utilisées dans la fabrication de pièces d’automobiles, d’ordinateurs, etc.
Plastiques mixtes : Tuyaux de drainage agricole
Chaudières : Plastique déchiqueté ensuite utilisé dans la fabrication de contenants de plastique
Aluminium : canettes d’aluminium, emballage alimentaire
Capsules Nespresso : Emballage alimentaire, pièces d’automobiles et d’électroménager

Publié le 5 septembre 2018

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Opérer aujourd’hui

Catégorisé par le gouvernement en mars dernier comme offrant un service prioritaire, Tricentris et tous les centres de tri québécois ont reçu le feu vert pour maintenir leurs opérations dès le début du confinement. Il nous aura fallu avant tout s’adapter à une nouvelle réalité et c’est ce que nous continuons de faire quotidiennement avec les nombreux défis que cela représente.

À la recherche d’ÉPI

Il a beaucoup été question d’équipements de protection individuelle (ÉPI) dans les médias et principalement de la pénurie des masques N95. Mais saviez-vous que nos trieurs doivent utiliser ces masques depuis des années? Et que par conséquent, même si nous n’œuvrons pas dans le domaine de la santé, nous nous sommes retrouvés dans la même situation et que nos réserves se sont épuisées.

Même avant la pandémie du Coronavirus, le masque N95 était utilisé sur une base volontaire dans plusieurs sections des usines et obligatoire seulement dans certaines d’entre elles. Ces consignes visaient avant tout à protéger les employés des particules fines et des poussières. Toutefois, les nouvelles mesures établies par les instances gouvernementales imposent maintenant son port en tout temps, augmentant inévitablement notre consommation. Comme bien d’autres entreprises, nous avons dû jouer de tous nos contacts et nous tourner vers des alternatives conformes telles que les masques en élastomère et les KN95 (l’équivalent du N95, mais régit par les normes chinoises). Bien que nous priorisons ceux en élastomère puisqu’ils sont réutilisables, ils sont à leur tour une denrée rare. Les KN95 font donc l’affaire pour le moment. L’approvisionnement en masques nous aura certainement tenu en haleine à quelques reprises au cours des derniers mois.

Les nouvelles recommandations suggèrent également le port d’une blouse de travail ou d’un survêtement. Il s’agit d’une mesure de sécurité supplémentaire que nous avons voulu mettre en place dès que possible mais comme la demande générale pour cet équipement est trop grande, nous n’avons toujours pas reçu les nôtres.

Mission recrutement

La pénurie de main-d’œuvre est déjà une problématique avec laquelle nous jonglons depuis quelques années. Non seulement les offres d’emploi ne manquent pas de façon générale, mais dernièrement, la compétition est également venue de la PCU. Avec cette prestation canadienne d’urgence, des gens se sont retrouvés avec l’option de travailler pour gagner une paie ou de rester à la maison moyennant une diminution de revenus. Une opportunité qui peut sembler alléchante et qui peut motiver une personne à temporairement suspendre sa recherche d’emploi pour diverses raisons. Notre bassin d’employés potentiels, déjà restreint, a donc rétréci. Suite à diverses offensives de recrutement, nous avons tout de même réussi à attirer quelques vaillants candidats.

En plus d’avoir besoin de joueurs supplémentaires, la fermeture des écoles et des services de garde, les confinements préventifs, ou encore la peur et l’anxiété en lien avec la pandémie nous ont couté temporairement plusieurs membres de nos équipes régulières.

« Malgré les difficultés liées à l’embauche, j’ai tout de même constaté beaucoup d’entraide dans la communauté. La MRC d’Argenteuil et plusieurs autres entreprises ont relayé nos offres d’emploi, formant un grand réseau RH », tient à préciser Julie Cleary, responsables des ressources humaines chez Tricentris.

L’impact de la COVID-19

Nous connaissons tous les consignes préventives pour limiter la propagation de la COVID-19 et, dans tous nos établissements, ces consignes ont été mises en place. Nous avons toutefois constaté la complexité de respecter la distanciation physique de deux mètres dans certaines situations, comme lorsque sonne l’heure du lunch et qu’une trentaine d’employés prennent la direction de la cafétéria. Pour assurer l’éloignement, nous avons dû condamner plus de la moitié des places assises. Impossible alors d’accueillir tout le monde en même temps et une réorganisation s’imposait. Toutes les pauses et repas se font donc maintenant en rotation sur trois groupes.

Afin de maintenir notre production dans ces nouvelles conditions, nous avons modifié quelque peu nos opérations : plutôt que d’arrêter complètement l’usine pendant que tous les employés sont en pause comme nous le faisions auparavant, nous abaissons maintenant les vitesses pour continuer à rouler avec un tiers de l’équipe en moins, sans toutefois sacrifier la qualité.

De façon préventive, nous faisons aussi appel à des compagnies spécialisées dans l’assainissement des lieux. À raison de quelques fois par semaine, leurs équipes viennent désinfecter l’ensemble des postes de travail, des espaces communs, des aires de repos et des bureaux dans nos centres de tri. À l’aide d’un pulvérisateur, un produit désinfectant tuant 99,99 % des pathogènes et bactéries est appliqué sur toutes les surfaces.

En grande quantité

En centres de tri, nous reconnaissons l’arrivée du printemps par une hausse temporaire de 20 % à 25 % des matières recyclables entrantes. Normalement attendu pour le début de mai, ce phénomène s’est produit un mois plus tôt cette année car le confinement a forcé bien des gens à rester à la maison. Ils ont consommé davantage, ont eu le temps d’entreprendre des projets et de faire du ménage.

Mais voilà, le printemps du centre de tri, lui, est ensuite arrivé comme prévu. De sorte que cette année, au lieu de connaître cette augmentation sur une période moyenne de six semaines, nous la vivons depuis presque trois mois. Pour vous donner une idée, il se remplit une trentaine de camions de collecte de plus par jour sur le territoire de Tricentris depuis le début de ce long printemps.

Nos centres de tri sont conçus pour opérer à un rythme allant de 20 à 25 tonnes à l’heure. Avec deux quarts de travail, entre 300 et 400 tonnes sont donc normalement traitées quotidiennement par usine. En ajoutant les quelques 20 % de matière supplémentaire que nous recevons, une sixième journée de tri est nécessaire pour maintenir le cap et nos trieurs sont donc appelés à faire du surtemps. Nos équipes redoublent donc réellement d’efforts en cette période d’abondance de matière.

Les marchés dans tout ça

La pandémie et les mesures de confinement mises en place presque partout sur la planète ont eu un effet direct sur l’activité économique. Et la mise à l’arrêt forcé de plusieurs entreprises a fait craindre aux fabricants d’emballages une importante diminution des ventes avec comme conséquence que les prix des fibres sont demeurés bas. Par contre, beaucoup de centres de tri en Amérique du Nord ont dû fermer leurs portes pendant cette période par manque d’employés ou incapacité à respecter les mesures de distanciation. Ces fermetures ont généré une crainte en matière d’approvisionnement chez les papetières et le marché des fibres s’est emballé. Pendant quelques semaines, nous avons vu les prix monter et avons entretenu un espoir pour la reprise des marchés. Ce fut malheureusement de courte durée. Le prolongement de la fermeture temporaire de plusieurs entreprises et commerces a privé les papetières d’acheteurs de produits finis. Elles se sont donc ravisées rapidement et ont réajusté leurs achats à la baisse.

Aujourd’hui, le marché est retombé en demeurant toutefois quelque peu au-dessus de ce qu’il était avant la pandémie, mais il reste encore bien loin de ce qu’il a déjà été.

Côté plastique, comme celui-ci est composé de pétrole, il suit la même tendance. La résine de plastique vierge est maintenant moins onéreuse que le plastique recyclé, de sorte que ce marché connaît des bas historiques.

En conclusion

Retenons ici la résilience des centres de tri du Québec. Tout comme nombre d’entreprises et d’organismes québécois, nous nous adaptons, réinventons et continuons à œuvrer quotidiennement au traitement des matières recyclables reçues. Sans aucun doute, du positif émanera de tous ces défis. La créativité, la débrouillardise et la volonté démontrées par notre équipe au cours des derniers mois, et encore aujourd’hui, nous permettent de continuer d’avancer fièrement et de toujours mieux vous servir.

Publié le 18 juin 2020
Article tiré du Tricentris Express de juin 2020. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet.

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Le dos large des centres de tri

Il se passe rarement une semaine sans qu’une attaque ou une histoire à connotations négatives envers les centres de tri ne surgisse dans les médias. Depuis deux ans, les mots « crise » et « recyclage » sont trop souvent utilisés dans une même phrase. Et à en croire les gros titres et les commentaires récurrents entendus, les centres de tri seraient à blâmer pour cette situation.

En fait, la qualité jugée insuffisante de la matière produite en centres de tri se retrouve souvent au banc des accusés. Toutefois, même si certains centres de tri, dont Tricentris, sont en mesure d’offrir de la matière de qualité supérieure, répondant aux exigences resserrées, ils peinent à s’en départir car celle-ci ne trouve pas preneur. À titre d’exemple, Tricentris a plus de facilité à vendre des ballots de papier mixte comptant 7 % de contaminants que des ballots qui en contiennent 1 %. Pourquoi alors s’acharner et mettre le blâme sur la qualité?

Au moment de fermer leurs portes à l’importation à la fin de 2017, les marchés chinois achetaient 90 % de toutes les fibres disponibles à travers le monde. Aujourd’hui, il est impossible de penser traiter 100 % de cette matière par le 10 % d’acheteurs restants. L’offre est soudainement beaucoup plus élevée que la demande et la chaîne de valeur s’en trouve débalancée. La clé du problème se trouve donc du côté des marchés. Sans eux, comment faire tourner la chaîne?

Il est facile d’oublier que la matière ne fait que passer par les centres de tri. Ils ne sont qu’un chapitre dans le grand livre du recyclage et ce n’est pas parce qu’on met un item dans le bac de récupération que le tour est joué. La chaîne de valeur nécessaire pour qu’une matière soit recyclée est composée de plusieurs étapes et chacun de ces maillons est important et a son rôle à jouer.

Une boîte de céréales déposée dans le bac de récupération aura un périple bien au-delà du centre de tri. À son arrivée, elle passera bien sûr par diverses étapes de tri manuel et mécanique qui la mèneront, avec d’autres cartons minces, du papier de bureau et des journaux, dans la presse qui en fera un ballot de fibres. Toutefois, le ballot quittera ensuite le centre de tri et sera acheminé vers un conditionneur. Dans le cas des fibres, il s’agit des papetières. Le ballot de fibres y sera alors transformé en pâte à papier. L’histoire se transporte ensuite chez le fabricant qui, lui, se trouve face à un choix : intégrer de la pâte à papier recyclée à sa production ou n’utiliser que des fibres vierges. Évidemment, ce choix se fait en fonction de plusieurs critères – économiques, techniques, philosophiques – mais aussi selon la demande des consommateurs pour des produits à contenu recyclé. Et c’est l’ensemble des consommateurs qui repartiront la boucle en déposant leurs items recyclables dans le bac de récupération.

Au final, les centres de tri font ce pour quoi ils existent : retirer ce qui n’est ni recyclable, ni accepté par les différents conditionneurs, trier les matières recyclables en catégories, les mettre en ballots et les diriger vers les conditionneurs. À long terme, les moulins locaux se seront peut-être adaptés à la nouvelle composition du bac. D’ici là, il faut prendre un pas de recul et voir la chaîne de valeur dans son ensemble. Sans blâmer qui que ce soit, travaillons de concert à l’optimiser et à la rendre encore plus efficace et locale.

Publié le 27 août 2019